Lac
Collectif Rêve Concret

Une absence de silence

"On ne vous a pas dit ce qu’on faisait des rennes après Noël. On ne vous a pas expliqué ce qu’il advenait du corps inerte des animaux. Entre les contes de fées et la vie réelle, il y a un vide que vous n’arrivez pas à combler. Vous vous remplissez d’une rage muette et invisible. Vous décidez, si vos parents continuent à vous cacher la vérité, que vous partirez avec les rennes juste après Noël. Vous trahirez." Que font les rennes après Noël ? d'Olivia Rosenthal

Dans son roman, Olivia Rosenthal interroge notre rapport à la domestication sociale en le confrontant au traitement que les humains font subir aux animaux. Le spectacle cherche à agir comme un révélateur du conditionnement social en rétablissant des connexions qui ne sont plus vivantes mais qui sont pourtant vitales : l’instinct, l’intuition, l’écoute par-delà les mots, la relation à la matière, les forces qui sous-tendent les formes, la conscience du milieu, l’informulé, l’imperceptible... Le texte est porté par Yuming Hey, comédien hors des normes qui brouille les identités. Six danseurs, en permanence au plateau, viennent construire des mondes et déployer des forces avec lui. La chorégraphie du spectacle est nourrie par les univers de ces danseurs, issus de la danse contemporaine, de la performance et du voguing, danse émancipatrice née dans la rue et les balls au sein de communautés minoritaires. La rencontre au plateau du texte d’Olivia Rosenthal et de la danse raconte cette reconquête de soi et du monde. Mathieu Touzé, metteur en scène.

+INFOS et réservation Festival Etrange CargoLaura Desideri, Jeanne Alechinsky, Yacouba Sissoko, Yanou Ninja, Zion Garçon

Crédits

Adapation et mise en scène : Mathieu Touzé

D'après Que font les rennes après Noël ? d’Olivia Rosenthal © Editions Gallimard

Distribution :

Yuming Hey, Laura Desideri, Jeanne Alechinsky, Yacouba Sissoko, Yanou Ninja, Zion Garçon, Marlon Valmary.

Scénographie et costumes : Estelle Deniaud

Création vidéo : Justine Emard

Création musicale : Rebecca Meyer

Lumière : Renaud Lagier

Assistantes à la mise en scène : Mafalda Chaintreuil, Hélène Thil

Production : Collectif Rêve Concret, Ménagerie de Verre

Avec le soutien de la MC93 pour le prêt de costumes.

D'après le protocole de la meute élaboré par Nadia Vadori-Gauthier.

Durée : 1h15

Crédit photographique : Christophe Raynaud de Lage

On n'est pas là pour disparaître

D'après le roman d'Olivia Rosenthal

Visuel : « Soul Shift » (2018) - Exposition de Justine Emard

J’ai rêvé du texte d’Olivia Rosenthal pendant le deuxième confinement. J’en ai rêvé très clairement. Il s’est imposé à moi comme une évidence. J’ai vu Yuming Hey sur le plateau. Je l’ai entendu dire ce texte et j’ai eu l’image très nette d’une scénographie avec un, deux ou trois écrans vidéo. Au réveil, j’ai ressenti un sentiment d’urgence. J’ai senti que j’avais besoin de créer ce spectacle et qu’il fallait le faire vite. Après ces longs mois passés à jongler avec les annulations et les reports, j’ai éprouvé plus que jamais la nécessité de revenir à la création.

Le lendemain, je suis tombé sur une création vidéo de l’artiste plasticienne Justine Emard et j’y ai vu comme un signe. Son univers m’a immédiatement parlé parce qu’il faisait écho aux images de mon rêve. Les silhouettes humanoïdes de sa création « Soul Shift » m’évoquent le face-à-face d’un patient et de son médecin, mais aussi ce processus de perte, d’effacement de l’humanité qui est au cœur du roman d’Olivia Rosenthal.

Je travaillais à ce moment-là sur Une absence de silence, une adaptation de Que font les rennes après Noël ?, et l’écriture d’Olivia, qui m’accompagnait quotidiennement, était comme un refuge. Le travail sur Que font les rennes après Noël ? était parti de la phrase de fin de On n’est pas là pour disparaître : « il l’efface / et il s’efface avec elle /d’être un homme /c’est trop compliqué ». Cette phrase, ainsi que le titre du roman, résonnent pour moi avec la place de la culture en ce moment. Dans ce contexte où le mot « culture » n’est même plus prononcé dans les annonces du gouvernement, ce titre nous parle très concrètement de la situation des artistes qui luttent depuis des mois pour ne pas être oubliés. Je veux travailler sur les niveaux de langage, sur ces voix qui s’entrecroisent dans le texte d’Olivia. J’imagine un acteur, Yuming Hey, seul sur scène dans une atmosphère très blanche, très froide, presque médicale. J’aimerais faire entendre la dimension polyphonique de l’histoire de Monsieur T. en créant un dialogue entre l’acteur, la voix off et la vidéo. Le texte d’Olivia fait résonner des voix sans les identifier ou les nommer. Je veux garder cette indétermination qui fait écho à la perte d’identité. Le corps de l’acteur sera traversé par ces voix qui le dépassent et qui, chacune à leur manière, cherchent à endiguer l’effacement.

Mathieu Touzé

Crédits

Adaptation et mise en scène : Mathieu Touzé

Distribution : Yuming Hey

Voix off : Yuming Hey

Texte : D'après On n’est pas là pour disparaître d’Olivia Rosenthal © Editions Gallimard

Lumière : Renaud Lagier

Création vidéo : Justine Emard

Durée : Deux heures

Prodution : Théâtre 14, Théâtre de Sartrouville, Collectif Rêve Concret

Création le 20 septembre 2021 au Théâtre 14.

Lac

Lac, de Pascal Rambert, est l'histoire d'un groupe, de jeunes adultes qui travaillent ensemble pour faire du théâtre. Au milieu du groupe manque Thibault. A la découverte de son corps s'impose le silence. Le silence est rompu pour libérer les peurs, les sentiments, les attentes d'un futur anxiogène.

En prenant les élèves comme personnage de la pièce, Pascal Rambert à « hisser haut » l’exigence des étudiants des écoles de théâtre. La mort de Thibault les renvois à leur « Quête », celle d’un Théâtre de recherche et d’Art extrêmement exigeant. « Je vous réclame le réel, celui de votre engagement devant la vie ». Tour à tour, peu à peu, les élèves comédiens vont faire le bilan de leur parcours, ce groupe où « ils ne se sont pas choisis » mais où ils sont tous relier par « la quête ». Ils vont quitter leur jean slim et leur T-shirt cool, ils vont se mettre en chemin pour atteindre l’Art, ils vont additionner l’Amour, la Beauté, le Coeur, l’Ame, la Quête, la Nuit, le Jour, l’Ivresse, la Joie, la Douleur, la Raison, la Folie, La Vision, le Chant du monde et la Mort physique pour créer un être nouveau, un nouveau Thibault, un nouveau théâtre. Eux ce groupe à l’orée de se séparer pour aller vivre chacun leur carrière, va se rendre compte que leur désir de théâtre s’est insinué en eux, les a rempli et fait grandir. Ils sont prêts pour aller par le monde porter leur Art, donner du sens dans ce monde défiguré.

+INFOS et réservation Festival Etrange Cargo

Crédits

Mise en scène : Mathieu Touzé

Distribution :

Yuming Hey, Estelle N'tsendé, Océane Cairaty, Alexandre Prince, Séphora Pondi, Geoffrey Dahm, Neil-Adam Mohammedi, Olga Mouak.

Un garçon d'Italie

Lorsque Mathieu Touzé s’est rapproché de moi pour me présenter son désir d’adapter Un garçon d’Italie au théâtre, j’avoue m’être montré dubitatif. D’abord, parce que le texte en lui-même me semblait ne pas obéir aux lois du théâtre. Ensuite, parce que Mathieu est si jeune (la jeunesse n’est ni un péché, ni un handicap, elle peut parfois témoigner d’un engouement mal placé).

Mais le projet qu’il m’a exposé m’a convaincu, par sa singularité et par la qualité de la réflexion qui l’avait précédé. C’est donc sans appréhension et même avec gourmandise que je me suis rendu à Théâtre Ouvert, quelques mois plus tard, pour assister à la première représentation. Salle bondée, décor minimal, et d’emblée, trois corps, trois voix distinctes mais racontant la même histoire, celle d’un noyé que pleurent deux survivants, trois voix justes, puissantes, émouvantes.

Trois gestuelles, trois mouvements qui se répondent, se heurtent, se fondent, dans une habile scénographie. Trois incarnations qui donnent vie à mes mots. Le respect de ces mots, la fidélité au texte, et, au milieu, de véritables trouvailles, et notamment ces chansons populaires qui nous renvoient à nos propres intimités. A la fin, un tonnerre d’applaudissements, l’expression d’une gratitude. Et un auteur comblé, qui souhaite longue vie à ce spectacle.

Philippe Besson

Crédits

D'après le roman de Philippe Besson, Un Garçon d'Italie

Mise en scène et adaptation : Mathieu Touzé

Distribution :

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Crédit photo : Christophe Raynaud de Lage

Presse :

Personne n’est coupable. Sauf le mort, peut-être. Sans autre décor que celui des mots de Philippe Besson, la vie de trois personnages se télescope sur le plateau. Luca (Mathieu Touzé qui signe la mise en scène), et Anna (Estelle N’Tsendé) sont amants depuis cinq ans au moment du drame. Léo (excellent Yuming Hey) jeune prostitué qui officie près des toilettes pour hommes de la gare de Florence, est l’amant de Luca. La police patauge. Anna découvre qu’elle n’était pas seule dans le coeur du défunt. Quant à ce dernier il a faussé compagnie bêtement. Entrainé dans ce tourbillon, le spectateur n’a pas d’autre choix que de convenir que l’amour n’a pas de genre. Qu’une passion peut en cacher une autre. Que les deux peuvent se vivre dans la joie. Bref que l’amour est autre chose que ce que trop de gens racontent. Gérald Rossi - L'Humanité

« Très intéressant et mis en scène avec une très grande sobriété. » Vincent Josse - Le Masque et la Plume

"Trois présences intenses" Joelle Gayot - Télérama

"Intelligence, Grâce et Sensibilité" Arnaud Laporte - France Culture

"Mathieu Touzé (Luca) joue la distance, fantôme flottant rattrapé par instants par des flashs de sa vie brutalement abrégée - émouvant, jamais pathétique. Estelle N'Tsendé campe Anna, cette femme forte et bouleversée, qui tente de surmonter le deuil et le mensonge sans s'effondrer. Elégante, rageuse, puis anéantie, elle fait forte impression. Et que dire de Yuming Hey (alias Aurélien Feng), prodige du Conservatoire qui flambe déjà sur les scènes de France et d'ailleurs (« Actrice », de Pascal Rambert) ! Son incarnation de Léo, le jeune « escort boy » italien, est d'une infinie justesse - entre vrai-faux cynisme, désespoir, tendresse étouffée. Son chant, émaillé de subtiles larmes rentrées, est un pur moment de grâce." Philippe Chevilley - Les Echos

Soixante-Trois Regards

Alice parcourt la ville de Berlin en cherchant à se « déprendre » de Moritz l’homme qu’elle a aimé. Leur histoire dont rien n’informe sur la durée a été passionnelle et charnelle. Christophe Pellet décrit une vraie passion dans son sens original, celui synonyme de douleur.

Alice parcourt la ville pour oublier, et pour fuir. Elle fuit un corps, un ensemble de pulsion et de sensation qu’elle ne parvient pas à définir. Elle tente d’échapper à un bouillonnement. Elle s’accroche pour cela à toutes les sensations et les images du présent, à toutes les images concrètes. Cette posture la rend extraordinairement attentive à toutes les stimulations extérieures qui la percutent, et la façonnent.

Alice est en combat contre les émotions qui la dominent, en déséquilibre sur une sensation de noyade. Elle marche avec une grande densité. Elle est néanmoins enfermée dans ses pensées et dans une appréhension extérieure à elle même des stimuli du monde. La pièce se joue entièrement dans son espace mental, cartographié comme une ville celle de Berlin. Elle n’entre pas en relation avec d’autres personnes, elle est seule avec son combat et sa souffrance.

Crédits

Mise en scène : Mathieu Touzé

Texte : Christophe Pellet

Distribution :

Mon polymonde

Anne est handicapée physiquement et mentalement, elle est même polyhandicapée, "quelle polyvalence" ! Elle s'est installée dans son fauteuil pour regarder le spectacle. Qu'est-ce qu'il y a dans la tête de ce lutin ? Enfermées dans un huit clos, Anne et sa mère tentent de se comprendre, de se battre contre la dureté de leur quotidien qui les tue. Pour aimer Anne, il faut une patience d'ange et sa mère n'est pas un ange...