Un garçon d'Italie
Mon polymonde
Soixante-Trois Regards
Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit
Lac
Collectif Rêve Concret

Un garçon d'Italie

Lorsque Mathieu Touzé s’est rapproché de moi pour me présenter son désir d’adapter Un garçon d’Italie au théâtre, j’avoue m’être montré dubitatif. D’abord, parce que le texte en lui-même me semblait ne pas obéir aux lois du théâtre. Ensuite, parce que Mathieu est si jeune (la jeunesse n’est ni un péché, ni un handicap, elle peut parfois témoigner d’un engouement mal placé).

Mais le projet qu’il m’a exposé m’a convaincu, par sa singularité et par la qualité de la réflexion qui l’avait précédé. C’est donc sans appréhension et même avec gourmandise que je me suis rendu à Théâtre Ouvert, quelques mois plus tard, pour assister à la première représentation. Salle bondée, décor minimal, et d’emblée, trois corps, trois voix distinctes mais racontant la même histoire, celle d’un noyé que pleurent deux survivants, trois voix justes, puissantes, émouvantes.

Trois gestuelles, trois mouvements qui se répondent, se heurtent, se fondent, dans une habile scénographie. Trois incarnations qui donnent vie à mes mots. Le respect de ces mots, la fidélité au texte, et, au milieu, de véritables trouvailles, et notamment ces chansons populaires qui nous renvoient à nos propres intimités. A la fin, un tonnerre d’applaudissements, l’expression d’une gratitude. Et un auteur comblé, qui souhaite longue vie à ce spectacle.

Philippe Besson

Crédits

D'après le roman de Philippe Besson, Un Garçon d'Italie

Mise en scène et adaptation : Mathieu Touzé

Distribution :

Texte alternatif

Presse :

Personne n’est coupable. Sauf le mort, peut-être. Sans autre décor que celui des mots de Philippe Besson, la vie de trois personnages se télescope sur le plateau. Luca (Mathieu Touzé qui signe la mise en scène), et Anna (Estelle N’Tsendé) sont amants depuis cinq ans au moment du drame. Léo (excellent Yuming Hey) jeune prostitué qui officie près des toilettes pour hommes de la gare de Florence, est l’amant de Luca. La police patauge. Anna découvre qu’elle n’était pas seule dans le coeur du défunt. Quant à ce dernier il a faussé compagnie bêtement. Entrainé dans ce tourbillon, le spectateur n’a pas d’autre choix que de convenir que l’amour n’a pas de genre. Qu’une passion peut en cacher une autre. Que les deux peuvent se vivre dans la joie. Bref que l’amour est autre chose que ce que trop de gens racontent. Gérald Rossi - L'Humanité

« Très intéressant et mis en scène avec une très grande sobriété. » Vincent Josse - Le Masque et la Plume

"Trois présences intenses" Joelle Gayot - Télérama

"Intelligence, Grâce et Sensibilité" Arnaud Laporte - France Culture

"Mathieu Touzé (Luca) joue la distance, fantôme flottant rattrapé par instants par des flashs de sa vie brutalement abrégée - émouvant, jamais pathétique. Estelle N'Tsendé campe Anna, cette femme forte et bouleversée, qui tente de surmonter le deuil et le mensonge sans s'effondrer. Elégante, rageuse, puis anéantie, elle fait forte impression. Et que dire de Yuming Hey (alias Aurélien Feng), prodige du Conservatoire qui flambe déjà sur les scènes de France et d'ailleurs (« Actrice », de Pascal Rambert) ! Son incarnation de Léo, le jeune « escort boy » italien, est d'une infinie justesse - entre vrai-faux cynisme, désespoir, tendresse étouffée. Son chant, émaillé de subtiles larmes rentrées, est un pur moment de grâce." Philippe Chevilley - Les Echos

Mon polymonde

Anne est handicapée physiquement et mentalement, elle est même polyhandicapée, "quelle polyvalence" ! Elle s'est installée dans son fauteuil pour regarder le spectacle. Qu'est-ce qu'il y a dans la tête de ce lutin ? Enfermées dans un huit clos, Anne et sa mère tentent de se comprendre, de se battre contre la dureté de leur quotidien qui les tue. Pour aimer Anne, il faut une patience d'ange et sa mère n'est pas un ange...

Soixante-Trois Regards

Alice parcourt la ville de Berlin en cherchant à se « déprendre » de Moritz l’homme qu’elle a aimé. Leur histoire dont rien n’informe sur la durée a été passionnelle et charnelle. Christophe Pellet décrit une vraie passion dans son sens original, celui synonyme de douleur.

Alice parcourt la ville pour oublier, et pour fuir. Elle fuit un corps, un ensemble de pulsion et de sensation qu’elle ne parvient pas à définir. Elle tente d’échapper à un bouillonnement. Elle s’accroche pour cela à toutes les sensations et les images du présent, à toutes les images concrètes. Cette posture la rend extraordinairement attentive à toutes les stimulations extérieures qui la percutent, et la façonnent.

Alice est en combat contre les émotions qui la dominent, en déséquilibre sur une sensation de noyade. Elle marche avec une grande densité. Elle est néanmoins enfermée dans ses pensées et dans une appréhension extérieure à elle même des stimuli du monde. La pièce se joue entièrement dans son espace mental, cartographié comme une ville celle de Berlin. Elle n’entre pas en relation avec d’autres personnes, elle est seule avec son combat et sa souffrance.

Crédits

Mise en scène : Mathieu Touzé

Texte : Christophe Pellet

Distribution :

Autour de ma pierre, il ne fera pas nuit

Une nuit, sous un été de plomb, six personnages vont être ramenés peu à peu à la vie. Ils ne choisissent pas de s’aimer. Ils s’infligent alors la douleur qui émane de la friction entre l’amour et la vie. Tout commence par un coucher de soleil comme un monde qui s’éteint. La température pèse comme une chape de plomb. Dan et Ivan cherchent à collecter assez d’argent pour s’enfuir dans un paradis contemporain qui pourrait être la Suisse. Pour cela, ils dépouillent la seule source de richesse : les cadavres. Un soir, la collecte tourne mal et Dan est tué. Cet événement est le point de départ d’une immersion dans cette famille étrange entre passé et présent, entre vie et mort. Le spectateur revit les moments clés de la famille : l’homosexualité du père qui se travestit et se prostitue ; les difficultés à s’aimer de Dan et Dolores ; l’insouciance brisée de Laurie et d’Ivan. Au lever du soleil, ils seront vivants… enfin presque, enfin peut-être, enfin certains...

Lac

Lac, de Pascal Rambert, est l'histoire d'un groupe, de jeunes adultes qui travaillent ensemble pour faire du théâtre. Au milieu du groupe manque Thibault. A la découverte de son corps s'impose le silence. Le silence est rompu pour libérer les peurs, les sentiments, les attentes d'un futur anxiogène.

En prenant les élèves comme personnage de la pièce, Pascal Rambert à « hisser haut » l’exigence des étudiants des écoles de théâtre. La mort de Thibault les renvois à leur « Quête », celle d’un Théâtre de recherche et d’Art extrêmement exigeant. « Je vous réclame le réel, celui de votre engagement devant la vie ». Tour à tour, peu à peu, les élèves comédiens vont faire le bilan de leur parcours, ce groupe où « ils ne se sont pas choisis » mais où ils sont tous relier par « la quête ». Ils vont quitter leur jean slim et leur T-shirt cool, ils vont se mettre en chemin pour atteindre l’Art, ils vont additionner l’Amour, la Beauté, le Coeur, l’Ame, la Quête, la Nuit, le Jour, l’Ivresse, la Joie, la Douleur, la Raison, la Folie, La Vision, le Chant du monde et la Mort physique pour créer un être nouveau, un nouveau Thibault, un nouveau théâtre. Eux ce groupe à l’orée de se séparer pour aller vivre chacun leur carrière, va se rendre compte que leur désir de théâtre s’est insinué en eux, les a rempli et fait grandir. Ils sont prêts pour aller par le monde porter leur Art, donner du sens dans ce monde défiguré.

Crédits

Mise en scène : Mathieu Touzé

Distribution :

Yuming Hey, Estelle N'tsendé, Océane Cairaty, Alison Valence, Alexandre Prince, Séphora Pondi, Geoffrey Dahm, Neil-Adam Mohammedi, Olga Mouak, Laetitia Somé.